Le non-paiement de la pension alimentaire après un divorce représente une situation douloureuse et malheureusement fréquente. Lorsqu’un parent ne respecte pas ses obligations alimentaires, l’autre parent se retrouve dans une situation financière difficile, alors que les besoins des enfants restent constants. Cette page détaille les recours juridiques possibles, les sanctions encourues par le débiteur défaillant, les aides disponibles et les procédures de recouvrement efficaces.
En France, la pension alimentaire est une obligation légale issue de l’autorité parentale et du devoir d’entretien et d’éducation des enfants (articles 371-2 et 373-2-2 du Code civil). Son non-paiement n’est pas une simple faute civile : il s’agit d’un délit pénal qualifié d’abandon de famille, passible de sanctions lourdes.
Depuis un arrêt de la Cour de cassation du 15 janvier 2020, c’est au débiteur de la pension alimentaire de prouver qu’il s’est bien acquitté de ses paiements. Ce n’est pas au créancier de prouver qu’il n’a rien reçu. Pour la personne qui verse une pension, il est donc indispensable de payer par virement bancaire et de conserver tous les justificatifs.

Principes de la pension alimentaire et prélèvement automatique depuis 2022
La pension alimentaire est fixée par le juge aux affaires familiales lors du divorce ou de la séparation. Elle peut être versée soit par le parent qui n’a pas la résidence habituelle de l’enfant, soit par les deux parents dans le cadre d’une garde alternée lorsqu’il existe une disparité importante de revenus. Le montant est déterminé en fonction des ressources du parent débiteur et des besoins de l’enfant, en application de l’article 371-2 du Code civil.
Depuis le 1er mars 2022, un dispositif de prélèvement automatique à la source a été mis en place pour toutes les pensions alimentaires fixées par décision de justice. Ce mécanisme, appelé « intermédiation financière », est géré par l’Agence de recouvrement et d’intermédiation des pensions alimentaires (Aripa). Il permet de prélever directement la pension sur le compte bancaire du débiteur et de la reverser au créancier, limitant ainsi les risques d’impayés.
L’Aripa (Agence de recouvrement et d’intermédiation des pensions alimentaires) est un service de la Caisse d’allocations familiales. Elle intervient gratuitement pour collecter et reverser les pensions alimentaires. En cas d’impayé, elle peut également engager des procédures de recouvrement amiable et forcé. La personne concernée peut contacter l’Aripa dès le premier impayé.
Cependant, toutes les pensions ne sont pas encore concernées par ce prélèvement automatique, notamment celles issues d’anciens jugements ou de conventions parentales homologuées avant 2022. Dans ces situations, le parent créancier doit rester vigilant et agir rapidement dès le premier retard de paiement.
« En cas de séparation entre les parents, ou entre ceux-ci et l’enfant, la contribution à son entretien et à son éducation prend la forme d’une pension alimentaire versée, selon le cas, par l’un des parents à l’autre, ou à la personne à laquelle l’enfant a été confié. »
La question de la méthode de calcul de la pension alimentaire repose sur une grille de référence établie par le ministère de la Justice. Cette grille prend en compte les revenus du parent débiteur et le nombre d’enfants. Pour un parent avec 2 000 € nets mensuels et deux enfants en résidence habituelle chez l’autre parent, la pension représente généralement entre 12% et 15% de ses revenus par enfant.

Que se passe-t-il en cas d’impayé de pension alimentaire ?
Dès qu’un impayé survient, la personne créancière ne doit pas rester passive. Plusieurs recours existent, de l’amiable au pénal, en passant par des procédures de recouvrement forcé. Il est essentiel de réagir rapidement, car chaque mois d’impayé aggrave la situation financière du parent gardien et de l’enfant.
La preuve du paiement : un enjeu décisif
Comme mentionné en introduction, la jurisprudence a clarifié ce point : en cas de litige sur le paiement ou non de la pension alimentaire, c’est au débiteur de prouver qu’il a bien rempli ses obligations. Cette règle de preuve inversée protège le parent créancier, souvent en position de faiblesse financière. Concrètement, cela signifie que si le débiteur ne peut pas fournir de justificatifs bancaires (relevés de compte, attestation de virement), il est présumé ne pas avoir payé.
Cette règle a été posée par la Cour de cassation dans un arrêt du 15 janvier 2020 (Cass. 1ère civ., 15 janvier 2020, n° 18-26.177). Elle s’applique tant aux pensions alimentaires pour enfants qu’aux prestations compensatoires ou aux contributions aux charges du mariage dues après une séparation de corps.
Monsieur Dupont affirme avoir versé 300 € par mois de pension alimentaire à son ex-épouse pendant deux ans, soit 7 200 € au total. Devant le juge aux affaires familiales, Madame Dupont conteste : elle n’a reçu que 3 600 €. Monsieur Dupont ne peut fournir que des reçus manuscrits sans signature de son ex-épouse. Le juge retient que la preuve du paiement intégral n’est pas apportée et condamne Monsieur Dupont à verser l’arriéré de 3 600 €.
Les sanctions pénales en cas de non-paiement de la pension alimentaire
Le non-paiement de la pension alimentaire pendant plus de deux mois consécutifs constitue le délit d’abandon de famille, prévu par l’article 227-3 du Code pénal. Ce délit est passible de deux ans d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Il s’agit d’une infraction pénale, ce qui signifie que le parent créancier peut porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou déposer une plainte avec constitution de partie civile auprès du procureur de la République.
Le débiteur ne peut échapper à ces poursuites pénales que s’il parvient à prouver qu’il a effectivement payé (d’où l’importance des justificatifs bancaires), ou s’il démontre qu’il se trouve dans une situation d’insolvabilité totale et involontaire, rendant impossible tout versement. Une simple baisse de revenus, un changement de situation professionnelle ou la recomposition de la famille du débiteur ne suffisent pas à justifier le non-paiement : dans ces cas, il appartient au débiteur de saisir le juge aux affaires familiales pour demander une révision de la pension, en lien avec les règles de révision de la pension alimentaire.
« Le fait, pour une personne, de ne pas exécuter une décision judiciaire ou une convention judiciairement homologuée lui imposant de verser au profit d’un enfant mineur, d’un descendant, d’un ascendant ou du conjoint une pension, une contribution, des subsides ou des prestations de toute nature, en demeurant plus de deux mois sans s’acquitter intégralement de cette obligation, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. »
En pratique, les parquets instruisent ces plaintes avec sérieux. L’abandon de famille est considéré comme une infraction grave, car il met en danger l’enfant et le parent qui l’élève. La condamnation pénale peut s’accompagner de mesures de recouvrement forcé et d’une inscription au casier judiciaire.
La plainte pour abandon de famille peut être déposée jusqu’à 6 ans après les faits. Les impayés peuvent donc être poursuivis sur une longue période. En revanche, les arriérés civils se prescrivent par 5 ans à compter de chaque échéance impayée.
Les aides disponibles en cas d’impayé de pension alimentaire
Face à un impayé, le parent créancier peut bénéficier de plusieurs dispositifs d’aide, tant financiers que juridiques. Ces mécanismes sont conçus pour éviter que l’enfant ne subisse les conséquences de la défaillance du parent débiteur.
L’allocation de soutien familial (ASF)
Dès le premier mois d’impayé, la personne qui élève seule un ou plusieurs enfants suite à un divorce ou une séparation peut demander l’allocation de soutien familial (ASF) auprès de la Caisse d’allocations familiales (CAF) ou de la Mutualité sociale agricole (MSA). Cette allocation est versée sans condition de ressources lorsque la pension alimentaire n’est pas payée. Son montant est de 187,24 € par mois et par enfant en 2024 (montant susceptible d’être revalorisé chaque année).
L’ASF est cumulable avec d’autres prestations familiales comme les allocations familiales, le complément familial ou encore la prime d’activité. Elle constitue un filet de sécurité indispensable pour le parent isolé. En parallèle, la CAF ou la MSA engage des démarches de recouvrement auprès du parent débiteur : elle se substitue au créancier et récupère ensuite les sommes dues.
Lorsque la CAF verse l’ASF, elle récupère automatiquement les arriérés de pension auprès du parent défaillant. La personne créancière n’a pas à entreprendre de démarche supplémentaire pour le recouvrement : la CAF s’en charge via l’Aripa. Une fois les arriérés récupérés, la CAF peut cesser de verser l’ASF si la pension est à nouveau payée régulièrement.
Il est important de noter que l’ASF n’est pas automatique : la personne concernée doit en faire la demande auprès de sa CAF ou MSA. Les formulaires sont disponibles en ligne ou dans les agences. Il est recommandé d’accompagner la demande d’un justificatif du jugement de divorce ou de la convention homologuée fixant la pension alimentaire, ainsi que de tout document attestant du non-paiement.
Pour les personnes bénéficiant du RSA ou d’autres aides sociales, l’ASF vient en complément et n’est pas déduite des autres prestations. Elle permet au parent isolé de faire face aux dépenses quotidiennes pour l’enfant en attendant la régularisation de la situation ou le recouvrement des arriérés. Si la personne souhaite en savoir plus sur les aides post-divorce, elle peut consulter la page dédiée aux différentes formes de pension alimentaire.
La procédure de paiement direct
La procédure de paiement direct est un moyen rapide et efficace pour obtenir le recouvrement d’une pension alimentaire impayée. Elle permet au créancier de faire saisir directement les revenus du débiteur (salaire, allocation chômage, retraite, revenus fonciers) par l’intermédiaire d’un huissier de justice. Cette procédure s’applique pour les impayés de moins de six mois.
Concrètement, le parent créancier mandate un huissier de justice, qui notifie la demande de paiement direct à l’employeur ou à l’organisme qui verse les revenus au débiteur (Pôle emploi, caisse de retraite, locataires si revenus fonciers). L’employeur ou l’organisme est alors tenu de prélever le montant de la pension sur les sommes dues au débiteur et de les reverser directement au créancier. Cette procédure est rapide, sans passage devant le juge, et évite au créancier d’avoir à relancer constamment son ex-conjoint.
Les frais d’huissier liés à la procédure de paiement direct sont en principe à la charge du débiteur défaillant. Toutefois, le créancier doit souvent les avancer. Il est possible de demander au juge aux affaires familiales, lors d’une audience ultérieure, de condamner l’ex-conjoint à rembourser ces frais.
Si les impayés remontent à plus de six mois, la procédure de paiement direct ne peut plus être utilisée. Dans ce cas, la personne créancière doit engager une procédure civile classique devant le juge aux affaires familiales, assistée d’un avocat. Cette procédure peut aboutir à une saisie sur salaire, une saisie des comptes bancaires ou une saisie de biens mobiliers du débiteur. Elle prend plus de temps mais permet de récupérer des arriérés plus anciens.
Les personnes en difficulté financière peuvent demander l’aide juridictionnelle pour financer les honoraires de l’avocat et les frais de justice. Cette aide est accordée sous condition de ressources et peut couvrir tout ou partie des frais. Pour connaître les démarches à suivre, consulter la page sur les procédures de divorce.
Madame Martin ne reçoit plus la pension de 400 € par mois de son ex-mari depuis trois mois. Elle mandate un huissier pour une procédure de paiement direct. L’huissier envoie une notification à l’employeur de l’ex-mari, qui commence à prélever 400 € sur le salaire mensuel et à les verser directement à Madame Martin. Les arriérés de trois mois (1 200 €) sont récupérés progressivement par prélèvement supplémentaire.
Les autres procédures de recouvrement en cas de pension alimentaire impayée
Outre la procédure de paiement direct et l’ASF, il existe plusieurs autres leviers pour récupérer les arriérés de pension alimentaire. Chacune de ces procédures répond à une situation particulière et peut être cumulée avec les recours pénaux.
La saisie des rémunérations
Si la procédure de paiement direct ne suffit pas (par exemple si le débiteur change fréquemment d’employeur ou cesse son activité professionnelle), le créancier peut demander au juge de l’exécution une saisie des rémunérations. Cette procédure permet de saisir une partie du salaire ou des revenus de remplacement du débiteur (allocations chômage, indemnités journalières, pensions de retraite).
La saisie des rémunérations est plafonnée : une part du salaire reste insaisissable pour permettre au débiteur de subsister. En revanche, les arriérés de pension alimentaire bénéficient d’une priorité légale sur d’autres créances (crédits à la consommation, impôts, etc.). La procédure est engagée par un huissier de justice et nécessite une décision du juge de l’exécution. Elle peut être longue, d’où l’importance de réagir rapidement dès le premier impayé.
La saisie des comptes bancaires
Si le débiteur possède des comptes bancaires créditeurs, l’huissier peut procéder à une saisie attribution. Cette procédure bloque les sommes disponibles sur le compte du débiteur et permet de les transférer au créancier dans la limite du montant dû. Toutefois, un solde bancaire insaisissable de 604,39 € (montant du RSA pour une personne seule) doit être laissé au débiteur.
La saisie des comptes bancaires suppose que le créancier dispose d’un titre exécutoire, c’est-à-dire d’un jugement fixant la pension alimentaire et constatant l’impayé. L’huissier envoie alors un acte de saisie à la banque du débiteur. Cette procédure est efficace si le débiteur dispose d’une épargne ou de revenus réguliers crédités sur son compte.
Le recouvrement public par l’Aripa
L’Aripa intervient également pour le recouvrement des arriérés de pension alimentaire. Elle peut engager des procédures de recouvrement forcé, y compris la saisie sur salaire, la saisie bancaire et la saisie de biens mobiliers. Elle dispose de pouvoirs étendus et peut agir rapidement.
L’avantage de l’Aripa est que la personne créancière n’a pas à avancer de frais : l’agence prend en charge l’ensemble de la procédure. En revanche, l’Aripa ne peut intervenir que si la pension alimentaire a été fixée par décision de justice ou par convention homologuée.
Si la personne concernée se trouve dans une situation d’impayé de pension alimentaire, il est essentiel de réagir rapidement. Notre permanence juridique peut orienter vers un avocat spécialisé en droit de la famille et, si nécessaire, vers un conseiller en gestion de patrimoine pour optimiser la situation financière.
Révision de la pension alimentaire en cas de changement de situation
Il arrive que le débiteur cesse de payer la pension alimentaire en invoquant un changement de situation : perte d’emploi, nouvelle famille à charge, baisse de revenus. Dans ce cas, le non-paiement reste illégal tant que le montant de la pension n’a pas été officiellement révisé par le juge aux affaires familiales. Le débiteur ne peut pas décider unilatéralement de cesser de payer ou de diminuer le montant.
Pour demander une révision de la pension alimentaire, le débiteur doit saisir le juge aux affaires familiales et justifier d’un changement notable et durable de sa situation financière. Il devra fournir des pièces (bulletins de salaire, avis d’imposition, justificatifs de charges) et démontrer que ses nouvelles ressources ne lui permettent plus de verser le montant initial. Le juge pourra alors réduire, suspendre ou augmenter la pension en fonction des éléments apportés.
À l’inverse, si la situation du créancier ou de l’enfant évolue (frais scolaires exceptionnels, frais de santé, augmentation du coût de la vie), la personne créancière peut également demander une révision à la hausse de la pension. Cette demande suit la même procédure devant le juge aux affaires familiales.
La révision de la pension alimentaire prend effet à compter de la date de saisine du juge, et non rétroactivement. Cela signifie que les arriérés restent dus même si le juge décide par la suite de diminuer la pension. Il est donc crucial pour le débiteur de saisir le juge dès qu’il rencontre des difficultés financières, et non d’attendre que les arriérés s’accumulent.
Dans le cadre d’une procédure de divorce pour faute, la pension alimentaire peut également être revue, notamment si le parent débiteur perd son emploi en raison de conséquences directes de la faute commise (ex : condamnation pénale entraînant une perte d’emploi). Ces situations sont complexes et nécessitent l’assistance d’un avocat spécialisé en droit de la famille.
Que faire si le débiteur est insolvable ou au RSA ?
Lorsque le débiteur de la pension alimentaire perçoit le RSA ou se trouve dans une situation d’insolvabilité totale, le recouvrement devient très difficile, voire impossible. Dans ce cas, les mesures de recouvrement classiques (saisie sur salaire, saisie bancaire) ne peuvent pas aboutir, car les revenus du débiteur sont protégés par le principe d’insaisissabilité du minimum vital.
Cependant, l’insolvabilité doit être réelle et involontaire. Si le débiteur a organisé son insolvabilité de manière frauduleuse (par exemple en transférant ses biens à un tiers ou en cessant volontairement toute activité professionnelle), il peut être poursuivi pénalement pour organisation frauduleuse d’insolvabilité (article 314-7 du Code pénal), en plus du délit d’abandon de famille.
Dans les situations d’insolvabilité avérée, le parent créancier peut demander l’ASF à la CAF, qui prendra le relais pour verser une allocation mensuelle. Par ailleurs, il est possible de saisir le juge aux affaires familiales pour faire constater officiellement l’insolvabilité du débiteur et, le cas échéant, suspendre temporairement l’obligation alimentaire jusqu’à amélioration de sa situation.
Un parent au RSA peut tout de même être condamné à verser une pension alimentaire, même symbolique. Le juge tient compte de ses revenus extrêmement limités, mais l’obligation alimentaire ne disparaît pas totalement. En pratique, le montant fixé sera très faible (parfois quelques dizaines d’euros par mois). Il est essentiel de ne pas céder à la tentation de ne rien payer : cela reste un délit.
Enjeux patrimoniaux et accompagnement spécialisé en cas d’impayé
Le non-paiement de la pension alimentaire a des répercussions non seulement juridiques, mais aussi patrimoniales pour le parent créancier. Les arriérés cumulés peuvent représenter plusieurs milliers d’euros et mettre en péril l’équilibre financier du foyer. Par ailleurs, si le parent créancier a dû contracter des crédits pour faire face aux besoins de l’enfant, sa situation d’endettement peut s’aggraver.
Dans ce contexte, il peut être utile de solliciter un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) spécialisé dans les situations de divorce. Le CGP pourra établir un bilan patrimonial complet, évaluer l’impact de l’impayé sur les finances personnelles, proposer des solutions pour restructurer les dettes éventuelles et optimiser les ressources disponibles (aides sociales, allocations familiales, prestations compensatoires si applicables).
Le CGP peut également accompagner la personne créancière dans l’analyse des conséquences fiscales liées aux pensions alimentaires impayées. En effet, si le parent débiteur déduit fiscalement les pensions qu’il prétend avoir versées alors qu’il ne les a pas payées, cela peut constituer une fraude fiscale. Le parent créancier a intérêt à déclarer les sommes réellement perçues, et non celles inscrites dans le jugement, pour éviter tout redressement fiscal.
La personne qui ne reçoit pas la pension alimentaire ne doit déclarer fiscalement que les sommes effectivement perçues. Si aucune pension n’a été versée, elle ne déclare rien au titre de la pension alimentaire. En cas de contrôle fiscal, elle doit pouvoir justifier du non-paiement (plainte pour abandon de famille, attestation de la CAF, etc.).
Par ailleurs, si le divorce implique un partage des biens, il est possible de demander que les arriérés de pension alimentaire soient pris en compte dans le cadre de la liquidation du régime matrimonial. Cela peut permettre de compenser les sommes dues par une diminution de la part du débiteur dans les biens communs ou par une augmentation de la soulte due au créancier. Ces aspects patrimoniaux sont complexes et nécessitent l’intervention d’un notaire et, idéalement, d’un CGP pour optimiser les solutions.
Questions fréquentes sur les impayés de pension alimentaire
Questions fréquentes
Que faire dès le premier impayé de pension alimentaire ?
Dès le premier impayé, la personne créancière doit relancer le débiteur par écrit (email, courrier recommandé) pour conserver une trace. Si le non-paiement persiste au-delà d’un mois, elle peut demander l’allocation de soutien familial à la CAF. Dès deux mois d’impayés, elle peut porter plainte pour abandon de famille et/ou mandater un huissier pour une procédure de paiement direct.
Combien de temps peut-on réclamer des arriérés de pension alimentaire ?
Les arriérés de pension alimentaire se prescrivent par 5 ans à compter de chaque échéance impayée. Cela signifie que la personne créancière peut réclamer jusqu’à 5 ans d’arriérés. Au-delà, les sommes dues sont prescrites et ne peuvent plus être réclamées judiciairement. Il est donc essentiel de réagir rapidement.
L'ex-conjoint a un nouveau foyer : peut-il cesser de payer la pension ?
Non. Le fait que le débiteur ait recomposé sa famille ou ait de nouveaux enfants à charge ne le dispense pas de verser la pension alimentaire fixée par le juge. S’il estime que sa nouvelle situation justifie une diminution, il doit saisir le juge aux affaires familiales pour demander une révision. En aucun cas il ne peut décider seul de cesser ou réduire les paiements.
Peut-on saisir les allocations chômage ou la retraite du débiteur ?
Oui. Les allocations chômage, les pensions de retraite et les revenus de remplacement peuvent être saisis dans le cadre d’une procédure de paiement direct ou de saisie des rémunérations. Seule une fraction du montant est protégée (le solde bancaire insaisissable de 604,39 € pour un compte bancaire). Les arriérés de pension alimentaire bénéficient d’une priorité sur d’autres créances.
Que faire si le débiteur vit à l'étranger ?
Si le débiteur réside dans un pays de l’Union européenne, il est possible d’engager une procédure de recouvrement transfrontalière via l’Aripa ou un avocat spécialisé en droit international de la famille. Le règlement européen n° 4/2009 facilite le recouvrement des pensions alimentaires dans l’UE. Si le débiteur vit hors UE, la procédure est plus complexe et dépend des conventions bilatérales entre la France et le pays concerné.
Le non-paiement peut-il entraîner la suppression du droit de visite ?
Le non-paiement de la pension alimentaire et le droit de visite sont deux questions juridiques distinctes. Le parent débiteur conserve son droit de visite même s’il ne paie pas la pension. Toutefois, le parent créancier peut saisir le juge aux affaires familiales pour demander une révision des modalités de garde si le non-paiement révèle un désengagement parental plus large. En pratique, les juges sont attentifs à cette situation.
Conclusion : agir vite et se faire accompagner
Le non-paiement de la pension alimentaire est une situation douloureuse qui place le parent créancier et l’enfant dans une grande précarité financière. Face à un impayé, il est essentiel de réagir rapidement en mobilisant tous les recours disponibles : demande d’ASF à la CAF, procédure de paiement direct via un huissier, plainte pour abandon de famille si les impayés dépassent deux mois.
La personne créancière ne doit pas hésiter à se faire accompagner par un avocat spécialisé en droit de la famille pour engager les procédures adaptées. Parallèlement, un conseiller en gestion de patrimoine peut apporter une aide précieuse pour optimiser la situation financière, restructurer les dettes éventuelles et sécuriser l’avenir du parent isolé et de ses enfants.
Le divorce et ses conséquences patrimoniales sont des épreuves complexes qui nécessitent un accompagnement pluridisciplinaire : juridique, patrimonial et, parfois, psychologique. La permanence de aide-divorce.fr est là pour orienter les personnes concernées vers les bons interlocuteurs et leur fournir les informations nécessaires pour défendre leurs droits.
Si la situation d’impayé de pension alimentaire s’accompagne de difficultés financières ou patrimoniales (dettes, gestion de biens, optimisation des ressources), n’hésitez pas à prendre contact avec notre équipe. Un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé dans les situations de divorce peut réaliser un bilan gratuit et proposer des solutions adaptées.
Témoignages
— Claire, 36 ans, maman de 2 enfants, divorcée depuis 3 ansBon alors moi mon ex a arrêté de payer la pension y’a 5 mois maintenant… j’ai essayé de lui parler gentiment, de comprendre, mais rien. J’ai fini par appeler la CAF et demander l’ASF. Franchement ça m’a sauvé, parce que j’avais plus de quoi payer les frais de cantine. Après j’ai trouvé le site aide-divorce.fr qui explique bien toutes les étapes, j’ai pris un huissier pour faire la procédure de paiement direct. Maintenant ça revient petit à petit mais c’était vraiment la galère
— Marc, 44 ans, divorcé, 1 enfantHonnêtement je savais même pas qu’on pouvait porter plainte pour ça… mon ex elle payait jamais rien, toujours des excuses. J’ai lu sur le site que c’était un délit pénal, j’ai porté plainte pour abandon de famille après 3 mois d’impayés. La gendarmerie a pris ma plainte sérieusement, maintenant elle a recommencé à payer parce qu’elle risquait gros
— Sophie, 39 ans, maman solo de 3 enfantsFranchement le pire c’est de voir que ton ex paye pas alors qu’il a un bon salaire. Moi j’ai fait toutes les démarches avec l’Aripa, ils se sont occupés de tout. Le site aide-divorce m’a aidé à comprendre comment ça marche, j’étais perdue au début. Maintenant j’ai récupéré une partie des arriérés et la pension est prélevée directement chez son employeur, c’est beaucoup mieux