L’audience de conciliation représente une étape charnière dans toute procédure de divorce contentieux. Convoquée par le juge aux affaires familiales (JAF), cette audience permet d’organiser la vie du couple et des enfants pendant toute la durée de la procédure, qui peut s’étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années. À l’issue de cette audience, le juge rendra une ordonnance de non-conciliation (ONC) qui fixera les mesures provisoires : résidence séparée, pension alimentaire, jouissance du domicile conjugal, résidence des enfants, contribution aux charges du mariage, etc. Bien préparer cette audience avec son avocat spécialisé en divorce est donc essentiel pour éviter de subir des décisions défavorables.

Cette page détaille comment préparer efficacement son audience de conciliation, quels documents rassembler, quelles propositions formuler et comment défendre ses intérêts tout en gardant à l’esprit l’impact patrimonial de chaque décision prise à ce stade. Car si cette ordonnance est provisoire, elle peut durer longtemps et avoir des conséquences financières lourdes sur le patrimoine familial.
L’ordonnance de non-conciliation fixe le cadre de vie pour toute la durée de la procédure de divorce. Une mauvaise préparation peut entraîner des mois, voire des années, de situation financière et familiale difficile. Il est fortement recommandé de se faire assister par un avocat spécialisé en droit de la famille et, si le patrimoine familial est conséquent, de consulter un conseiller en gestion de patrimoine avant l’audience pour évaluer les impacts financiers des différentes options.
Pourquoi l’audience de conciliation est une étape décisive
Lorsque l’un des conjoints dépose une demande en divorce contentieux (divorce pour faute, divorce pour altération définitive du lien conjugal, divorce accepté), le juge aux affaires familiales convoque obligatoirement les deux époux à une audience de conciliation. Cette convocation intervient en général dans les 2 à 4 mois suivant le dépôt de la requête, selon l’encombrement du tribunal judiciaire compétent.
Le juge poursuit deux objectifs principaux lors de cette audience :
- Tenter une ultime conciliation : le juge vérifie si une réconciliation est envisageable ou si les époux acceptent de passer à un divorce par consentement mutuel, plus rapide et moins coûteux.
- Organiser la vie du couple et des enfants pendant la procédure : en l’absence de réconciliation, le juge rend une ordonnance de non-conciliation qui fixe les mesures provisoires nécessaires à la séparation (résidence, argent, enfants, logement, biens).
Ces mesures provisoires sont applicables immédiatement et jusqu’au jugement définitif de divorce. Leur durée peut être très longue en cas de divorce pour faute contentieux ou de désaccords persistants sur le partage du patrimoine.
Une fois rendue, l’ordonnance de non-conciliation s’impose aux deux époux. Elle peut être exécutée immédiatement, même en cas d’appel. Par exemple, si le juge attribue la jouissance du domicile conjugal à l’un des époux, l’autre doit quitter les lieux, sauf à obtenir un délai exceptionnel. De même, la pension alimentaire fixée doit être versée dès le mois suivant l’ordonnance.
Les mesures provisoires que le juge peut ordonner lors de l’audience de conciliation
L’article 255 du Code civil fixe la liste (non exhaustive) des mesures que le juge aux affaires familiales peut ordonner à l’issue de l’audience de conciliation. Voici un détail de ces mesures et ce qu’elles impliquent concrètement :
Proposer une médiation familiale
Le juge peut proposer aux époux de recourir à une médiation familiale pour tenter de trouver un accord amiable, sauf en cas de violences conjugales alléguées ou d’emprise manifeste d’un conjoint sur l’autre. La médiation est un processus volontaire qui permet, avec l’aide d’un médiateur familial agréé, de négocier les modalités du divorce (résidence des enfants, pension, partage des biens) sans passer par un procès contentieux.
Enjoindre aux époux de rencontrer un médiateur familial
Même si les époux refusent la médiation, le juge peut leur enjoindre de rencontrer un médiateur familial pour une séance d’information gratuite sur l’objet et le déroulement de la médiation. Cette obligation ne contraint pas les époux à poursuivre la médiation, mais vise à les informer de cette option.
Statuer sur les modalités de la résidence séparée
Le juge acte la séparation de fait des époux et fixe qui réside où. Si l’un des conjoints a déjà quitté le domicile conjugal, le juge peut entériner cette situation ou, au contraire, imposer une autre organisation. Cette décision peut avoir des conséquences sur la qualification d’un éventuel abandon du domicile conjugal dans le cadre d’un divorce pour faute.
Attribuer la jouissance du logement et du mobilier du ménage
Le juge peut attribuer à l’un des époux la jouissance exclusive du domicile conjugal et du mobilier, qu’il s’agisse d’un bien commun, indivis ou même appartenant en propre à l’autre conjoint. Cette attribution peut être gratuite ou moyennant le versement d’une indemnité d’occupation si le logement appartient exclusivement ou en indivision à l’autre époux. Cette décision est cruciale car elle détermine qui reste dans le logement familial et qui doit se reloger.
L’attribution de la jouissance gratuite du domicile conjugal peut avoir des conséquences financières importantes. Si le logement est un bien commun ou indivis, l’époux qui en a la jouissance exclusive ne verse rien à l’autre, mais ce dernier continue souvent à payer sa part de crédit immobilier ou de charges. Cette situation peut durer des années et créer un déséquilibre patrimonial important. Il est fortement conseillé de consulter un conseiller en gestion de patrimoine pour évaluer les conséquences à moyen terme de cette décision et anticiper le partage final.

Ordonner la remise des vêtements et objets personnels
Le juge peut ordonner la restitution des effets personnels, vêtements, documents et objets appartenant à chaque époux. Cette mesure vise à éviter les blocages et les tensions lors de la récupération des affaires personnelles.
Fixer la pension alimentaire et la provision pour frais d’instance
Le juge fixe le montant de la pension alimentaire due au titre du devoir de secours entre époux (contribution aux charges du mariage) et, le cas échéant, au titre de la contribution à l’entretien et l’éducation des enfants (si des enfants sont à charge). Le juge peut également condamner l’un des époux à verser une provision pour frais d’instance afin de permettre à l’autre de financer les frais d’avocat et de justice.
Madame gagne 2 200 € nets mensuels. Monsieur gagne 4 800 € nets mensuels. Les époux ont deux enfants mineurs qui résident habituellement chez Madame. Le juge peut fixer une contribution aux charges du mariage (devoir de secours) d’environ 500 € par mois à verser par Monsieur à Madame, en plus de la pension alimentaire pour les enfants (environ 300 € par enfant selon le barème de la Cour de cassation). Total : environ 1 100 € par mois versés par Monsieur à Madame jusqu’au prononcé du divorce.
Accorder des provisions sur la liquidation du régime matrimonial
Le juge peut accorder à l’un des époux une provision à valoir sur ses droits dans la liquidation du régime matrimonial si la situation financière le justifie. Cette provision est une avance sur ce que l’époux devrait recevoir lors du partage final des biens communs. Elle permet d’éviter une situation de précarité financière pendant la procédure.
Le juge peut également accorder une provision à valoir sur la future prestation compensatoire, si l’un des époux se trouve en difficulté financière et que les conditions d’octroi d’une prestation compensatoire semblent réunies (disparité importante de revenus et de niveau de vie). Cette provision sera déduite du montant final de la prestation compensatoire fixée dans le jugement de divorce.
Statuer sur l’attribution de la jouissance ou de la gestion des biens communs ou indivis
Le juge peut attribuer la jouissance exclusive ou la gestion de certains biens communs ou indivis (par exemple, un véhicule, un compte bancaire, un fonds de commerce) à l’un des époux, sous réserve des droits de chacun lors du partage définitif des biens.
Désigner un professionnel qualifié pour dresser un inventaire ou faire des propositions
Le juge peut nommer un notaire, un commissaire-priseur ou un expert pour dresser un inventaire estimatif des biens du couple et, le cas échéant, proposer des modalités de règlement des intérêts pécuniaires. Cette mesure est fréquente lorsque le patrimoine est complexe (immobilier, entreprise, placements financiers multiples).
Désigner un notaire pour élaborer un projet de liquidation
Le juge peut également désigner un notaire chargé d’élaborer un projet de liquidation du régime matrimonial et de formation des lots à partager. Cette désignation accélère souvent la procédure, car le notaire centralise les informations et propose un projet de partage sur lequel les époux et leurs avocats peuvent négocier.
Le juge aux affaires familiales peut prendre les mesures urgentes que requiert la sauvegarde des intérêts de la famille, notamment : proposer une médiation familiale, statuer sur la résidence séparée, fixer la pension alimentaire, attribuer la jouissance du logement, désigner un notaire pour la liquidation du régime matrimonial, etc.
Comment préparer efficacement son audience de conciliation avec son avocat
La préparation de l’audience de conciliation doit se faire méthodiquement, en étroite collaboration avec son avocat spécialisé en droit de la famille. Voici les étapes indispensables :
Prendre rendez-vous avec son avocat suffisamment tôt
Il est vivement recommandé de rencontrer son avocat au moins 10 à 15 jours avant la date de l’audience, et non la veille. Une préparation tardive ne permet pas de rassembler les justificatifs nécessaires, de formuler des propositions cohérentes ni de négocier un éventuel accord amiable avec l’autre partie.
Un avocat sérieux et impliqué doit vous recevoir au moins une à deux semaines avant l’audience de conciliation pour étudier le dossier en profondeur, rédiger des conclusions argumentées et rassembler les justificatifs. Un rendez-vous la veille est le signe d’un manque d’organisation ou d’engagement. Si votre avocat vous propose un rendez-vous aussi tardif, n’hésitez pas à exiger un rendez-vous plus tôt ou à envisager un changement d’avocat si ce n’est pas possible.
Rassembler tous les justificatifs nécessaires
Pour étayer les demandes formulées lors de l’audience, il est indispensable de fournir à son avocat un dossier complet comprenant :
- Justificatifs de revenus : trois dernières fiches de paie, avis d’imposition, déclarations fiscales, justificatifs de revenus fonciers, dividendes, allocations (chômage, RSA, etc.)
- Justificatifs de charges : quittances de loyer ou échéances de prêt immobilier, factures d’énergie, assurances, frais de cantine, frais de garde d’enfants, crédits à la consommation, pensions versées à des tiers (ex-conjoint, parents), impôts, taxe foncière
- Justificatifs patrimoniaux : acte de propriété du logement, relevés de comptes bancaires, contrats d’assurance-vie, relevés de PEA ou PEE, estimations immobilières, tableau d’amortissement du crédit immobilier, attestations de valeur de véhicules
- Justificatifs relatifs aux enfants : attestations scolaires, certificats médicaux, factures de frais scolaires et périscolaires, justificatifs de frais de santé non remboursés
- Documents relatifs au logement : bail de location ou titre de propriété, quittances de loyer ou échéances de prêt, attestation du propriétaire ou de la banque
Ces documents permettront au juge d’évaluer la situation financière de chacun et de fixer des montants de pension et de contribution proportionnés aux ressources et aux besoins.
Définir ses priorités et ses demandes
Avec son avocat, il faut hiérarchiser ses demandes en fonction de ses priorités : qui garde le logement ? Quel montant de pension alimentaire demander ou accepter ? Quel mode de résidence des enfants privilégier ? Quelle organisation pratique pour les biens communs (véhicules, comptes bancaires) ?
Il est important de formuler des demandes réalistes, cohérentes avec les revenus et le patrimoine de chacun, et de les justifier par des documents.
Madame demande la jouissance gratuite du domicile conjugal, bien commun de 180 000 € acheté il y a 5 ans, avec un crédit de 1 200 € par mois encore à rembourser. Les deux enfants résident chez elle à titre principal. Madame justifie sa demande par la stabilité scolaire des enfants et par le fait qu’elle assure la garde au quotidien. Elle propose que Monsieur continue à payer 600 € (sa part du crédit) et qu’elle assume les charges courantes. Le juge accepte la jouissance gratuite au bénéfice de Madame, considérant l’intérêt des enfants et la participation de Monsieur au crédit.
Anticiper l’impact patrimonial des mesures provisoires
Les mesures provisoires prises à l’audience de conciliation peuvent avoir un impact financier important sur le long terme, notamment en matière de partage des biens et de fiscalité. Par exemple :
- La jouissance gratuite du domicile conjugal peut créer un déséquilibre dans le partage final si elle dure plusieurs années
- La pension alimentaire versée pendant la procédure peut être déduite des revenus du débiteur (sous conditions)
- Les provisions sur la liquidation du régime matrimonial et sur la prestation compensatoire peuvent impacter la trésorerie et la capacité d’épargne de chacun
Pour cette raison, il est fortement conseillé de consulter un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) en amont de l’audience, surtout si le patrimoine familial est conséquent (immobilier, assurance-vie, placements financiers, parts de société). Le CGP pourra réaliser des simulations chiffrées pour évaluer les conséquences financières de chaque option et optimiser la stratégie patrimoniale.
Oui, la personne dont les ressources sont inférieures à un certain plafond (environ 1 500 € nets mensuels pour une aide totale, 1 800 € pour une aide partielle) peut bénéficier de l’aide juridictionnelle pour financer les honoraires de son avocat lors de l’audience de conciliation. La demande doit être déposée dès le début de la procédure. Le bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire étudie le dossier et notifie sa décision dans un délai d’environ 1 à 2 mois.
Tenter une négociation amiable avant l’audience
Il est souvent préférable de tenter de se mettre d’accord avec l’autre partie avant l’audience, par l’intermédiaire des avocats respectifs. Un accord préalable sur les mesures provisoires (pension, logement, résidence des enfants) permet :
- De gagner du temps : le juge homologue rapidement l’accord sans débat contradictoire
- De maîtriser le contenu de l’ordonnance : ce sont les époux, et non le juge, qui décident
- De réduire les tensions et l’agressivité lors de l’audience
- D’économiser sur les frais d’avocat (moins de temps passé à préparer des conclusions contradictoires et à plaider)
Toutefois, cet accord doit être équilibré et protéger les intérêts de chacun. Il ne faut surtout pas accepter des concessions déraisonnables par fatigue ou par peur du conflit.
Certains conjoints ou leurs avocats peuvent exercer une forte pression pour obtenir un accord déséquilibré avant l’audience (par exemple, renoncer à demander une pension alimentaire ou accepter de quitter le domicile sans contrepartie). Ne cédez jamais sous la pression ou par précipitation. Prenez le temps de consulter votre avocat et, si nécessaire, un conseiller en gestion de patrimoine, pour évaluer les conséquences financières de l’accord proposé. Si l’accord vous semble défavorable, mieux vaut laisser le juge trancher.
Préparer ses arguments et anticiper les objections de l’autre partie
Avec son avocat, il faut préparer une argumentation solide pour chaque demande formulée : pourquoi demander la jouissance du logement ? Pourquoi demander telle somme de pension alimentaire ? Pourquoi demander la résidence alternée ou au contraire la résidence exclusive des enfants ?
Il faut également anticiper les arguments et objections de l’autre partie, afin de préparer des réponses adaptées. Par exemple, si l’autre conjoint conteste le montant de la pension alimentaire demandée, il faut pouvoir justifier ses besoins réels par des documents (factures, relevés bancaires) et démontrer la capacité contributive de l’autre.
Préparer les questions à poser au juge
Lors de l’audience, le juge laisse souvent la parole aux avocats et aux parties. C’est l’occasion de poser des questions sur des points juridiques ou pratiques, par exemple :
- Comment se passe la désignation d’un notaire pour la liquidation du régime matrimonial ?
- Quels sont les délais pour la partage des biens mobiliers ?
- Comment modifier l’ordonnance de non-conciliation si la situation évolue (perte d’emploi, déménagement, etc.) ?
Ces questions doivent être préparées à l’avance avec l’avocat, pour ne rien oublier le jour J.
Une audience de conciliation dure en moyenne 20 à 45 minutes. Si les époux se sont mis d’accord au préalable, l’audience est souvent rapide (15 à 20 minutes). En revanche, si les désaccords sont nombreux et que chaque partie doit plaider longuement, l’audience peut durer 1 heure ou plus. Le juge rend ensuite son ordonnance de non-conciliation, soit immédiatement à l’issue de l’audience (lecture du dispositif), soit dans les jours ou semaines qui suivent (ordonnance mise à disposition au greffe).
Les erreurs à éviter lors de la préparation de l’audience de conciliation
Plusieurs erreurs récurrentes peuvent compromettre l’issue de l’audience de conciliation. Voici les principales à éviter absolument :
Se présenter sans avocat ou avec un avocat mal préparé
L’assistance d’un avocat est obligatoire pour l’audience de conciliation dans le cadre d’une procédure de divorce contentieux. Se présenter sans avocat ou avec un avocat qui ne connaît pas le dossier est une erreur grave qui prive la personne concernée de la possibilité de défendre efficacement ses intérêts.
Ne pas apporter de justificatifs
Le juge ne peut statuer que sur la base de preuves. Une demande de pension alimentaire non justifiée par des documents de revenus et de charges sera rejetée ou minorée. De même, une demande de jouissance du logement non étayée par des justificatifs relatifs à la résidence des enfants ou à la situation financière sera fragilisée.
Formuler des demandes irréalistes ou disproportionnées
Demander une pension alimentaire de 3 000 € par mois alors que l’autre conjoint gagne 2 500 € nets est voué à l’échec et décrédibilise la partie demanderesse. Les demandes doivent être raisonnables et proportionnées aux ressources et aux besoins de chacun.
Accepter un accord sous la pression ou par peur du conflit
Comme évoqué plus haut, accepter un accord manifestement déséquilibré par crainte du conflit ou sous la pression de l’autre partie est une erreur. L’ordonnance de non-conciliation peut durer des années : mieux vaut laisser le juge trancher que de s’enfermer dans une situation financière intenable.
Oublier les aspects patrimoniaux et fiscaux
Les décisions prises lors de l’audience de conciliation ont des conséquences patrimoniales et fiscales importantes. Ne pas les anticiper peut entraîner des pertes financières significatives. Par exemple, continuer à payer seul le crédit d’un bien dont l’autre conjoint a la jouissance gratuite peut créer un déséquilibre patrimonial important. De même, verser une pension alimentaire sans en demander la déduction fiscale (si les conditions sont remplies) est une erreur.
Ne pas mentionner certains biens ou certaines dettes
L’inventaire du patrimoine doit être complet et exhaustif. Oublier de mentionner un bien (assurance-vie, PEA, compte-titres) ou une dette (crédit à la consommation, dette fiscale) peut fausser l’appréciation du juge et créer des contentieux ultérieurs lors de la liquidation du régime matrimonial.
- Rencontrer son avocat au moins 10 à 15 jours avant l’audience
- Rassembler tous les justificatifs de revenus, charges, patrimoine et enfants
- Définir clairement ses priorités et formuler des demandes réalistes
- Tenter une négociation amiable avec l’autre partie, sans céder sous la pression
- Anticiper l’impact patrimonial et fiscal des mesures provisoires
- Consulter un conseiller en gestion de patrimoine si le patrimoine est conséquent
- Ne jamais accepter un accord manifestement déséquilibré
Après l’audience de conciliation : que se passe-t-il ?
À l’issue de l’audience de conciliation, le juge rend une ordonnance de non-conciliation qui :
- Autorise la poursuite de la procédure de divorce contentieux
- Fixe les mesures provisoires applicables pendant toute la durée de la procédure
- Désigne, le cas échéant, un notaire pour la liquidation du régime matrimonial
L’ordonnance de non-conciliation est immédiatement exécutoire, même en cas d’appel. Les époux doivent donc s’y conformer dès sa notification.
Voies de recours contre l’ordonnance de non-conciliation
L’ordonnance de non-conciliation peut faire l’objet d’un appel devant la cour d’appel dans un délai de 15 jours à compter de sa notification. L’appel suspend uniquement les dispositions relatives aux mesures provisoires (pension, jouissance du logement, résidence des enfants), mais pas l’autorisation de poursuivre la procédure de divorce.
En pratique, l’appel de l’ordonnance de non-conciliation est assez rare car il rallonge encore la procédure et génère des frais supplémentaires. Il est généralement réservé aux situations où l’ordonnance est manifestement déséquilibrée ou injuste.
Modification de l’ordonnance de non-conciliation en cours de procédure
Si la situation évolue de manière significative pendant la procédure (perte d’emploi, déménagement, changement de résidence des enfants, etc.), il est possible de demander au juge aux affaires familiales de modifier l’ordonnance de non-conciliation en formant une requête en modification des mesures provisoires. Cette requête doit être motivée et justifiée par des éléments nouveaux.
En moyenne, il s’écoule 12 à 24 mois entre l’ordonnance de non-conciliation et le jugement définitif de divorce, selon la complexité du dossier et l’encombrement du tribunal. En cas de divorce pour faute très conflictuel ou de patrimoine complexe nécessitant une expertise, le délai peut atteindre 3 à 4 ans. Durant toute cette période, les mesures provisoires fixées par l’ordonnance de non-conciliation restent applicables.
L’accompagnement patrimonial lors de la préparation de l’audience de conciliation
Au-delà de l’accompagnement juridique par un avocat spécialisé en droit de la famille, il est vivement recommandé de se faire accompagner par un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) lors de la préparation de l’audience de conciliation, notamment lorsque le patrimoine familial est conséquent ou complexe.
Le CGP peut notamment :
- Réaliser un audit patrimonial complet du couple (actifs, passifs, revenus, charges, fiscalité)
- Simuler les conséquences financières de différents scénarios de mesures provisoires (jouissance du logement, pensions, provisions)
- Évaluer l’impact fiscal des pensions alimentaires et de la prestation compensatoire
- Conseiller sur la gestion des placements financiers pendant la procédure (assurance-vie, PEA, compte-titres)
- Anticiper les enjeux du partage des biens et optimiser la stratégie patrimoniale
Cette approche patrimoniale est d’autant plus importante que les mesures provisoires peuvent durer plusieurs années et impacter durablement la situation financière de chacun. Un accompagnement par un CGP permet d’éviter des erreurs coûteuses et de prendre des décisions éclairées.
aide-divorce.fr est animé par un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) spécialisé dans l’accompagnement des personnes en cours de divorce. Si votre situation patrimoniale est complexe ou si vous souhaitez optimiser votre stratégie financière avant l’audience de conciliation, contactez-nous pour un bilan patrimonial gratuit et personnalisé.
Questions fréquentes sur la préparation de l’audience de conciliation
Questions fréquentes
Que se passe-t-il si l'on ne se présente pas à l'audience de conciliation ?
L’absence injustifiée de l’un des époux à l’audience de conciliation peut entraîner le renvoi de l’affaire, voire la radiation de la demande en divorce si le demandeur ne se présente pas. Si le défendeur ne se présente pas, le juge peut statuer par défaut et rendre une ordonnance de non-conciliation en l’absence de ce dernier. Dans tous les cas, l’absence est très mal perçue par le juge et peut être préjudiciable à la partie absente. Il est donc indispensable de se présenter, sauf cas de force majeure dûment justifié.
Peut-on changer d'avocat entre la requête en divorce et l'audience de conciliation ?
Oui, il est possible de changer d’avocat à tout moment de la procédure, y compris entre la requête en divorce et l’audience de conciliation. Il suffit de notifier le changement d’avocat au greffe du tribunal judiciaire et à l’avocat de l’autre partie. Cependant, un changement d’avocat trop tardif (quelques jours avant l’audience) peut poser des problèmes pratiques : le nouvel avocat doit prendre connaissance du dossier et préparer l’audience dans l’urgence. Il est donc préférable de changer d’avocat suffisamment tôt, idéalement au moins 3 à 4 semaines avant l’audience.
Combien coûte un avocat pour l'audience de conciliation ?
Les honoraires d’un avocat pour l’audience de conciliation varient généralement entre 800 € et 2 500 € selon la complexité du dossier, la notoriété de l’avocat et la région. Certains avocats facturent au forfait (prix fixe pour l’audience de conciliation), d’autres au temps passé (honoraires horaires). Il est important de demander un devis détaillé avant de s’engager. Si les ressources de la personne concernée sont faibles, il est possible de bénéficier de l’aide juridictionnelle qui prend en charge tout ou partie des honoraires de l’avocat.
Peut-on demander une modification de l'ordonnance de non-conciliation si la situation change ?
Oui, il est possible de demander au juge aux affaires familiales de modifier l’ordonnance de non-conciliation en cours de procédure si la situation évolue de manière significative (perte d’emploi, changement de résidence des enfants, évolution importante des revenus, etc.). Cette demande se fait par requête en modification des mesures provisoires, déposée par l’avocat au greffe du tribunal judiciaire. Le juge convoque les parties à une nouvelle audience et statue sur la demande de modification. Cette procédure est fréquente et permet d’adapter les mesures provisoires aux nouvelles circonstances.
L'ordonnance de non-conciliation fixe-t-elle définitivement la pension alimentaire ?
Non, l’ordonnance de non-conciliation fixe uniquement les mesures provisoires applicables pendant la durée de la procédure de divorce. Le montant de la pension alimentaire fixé dans l’ordonnance de non-conciliation n’est donc pas définitif. Le jugement de divorce pourra fixer un montant différent, en fonction de l’évolution de la situation des parties (revenus, charges, résidence des enfants). Cependant, en pratique, le juge du divorce reprend souvent le montant fixé par l’ordonnance de non-conciliation, sauf évolution significative de la situation.
Que faire si mon conjoint ne respecte pas l'ordonnance de non-conciliation ?
Si le conjoint ne respecte pas l’ordonnance de non-conciliation (ne verse pas la pension alimentaire, refuse de quitter le domicile conjugal, refuse de remettre les effets personnels, etc.), il est possible de saisir le juge aux affaires familiales en référé pour faire exécuter l’ordonnance. L’avocat peut également engager des procédures d’exécution forcée (saisie sur salaire, expulsion avec l’aide d’un huissier de justice) pour faire respecter les mesures ordonnées. Le non-respect de l’ordonnance de non-conciliation est une faute qui peut être invoquée dans le cadre de la procédure de divorce et, dans certains cas, constituer un délit pénal (abandon de famille en cas de non-paiement de la pension alimentaire).
Conclusion : une audience bien préparée, un divorce mieux vécu
L’audience de conciliation est une étape décisive de la procédure de divorce contentieux. Une préparation rigoureuse, méthodique et anticipée permet de défendre efficacement ses intérêts, d’obtenir des mesures provisoires équilibrées et de poser les bases d’un partage des biens juste et serein.
Pour cela, il est indispensable de se faire accompagner par un avocat spécialisé en droit de la famille et, si le patrimoine familial est conséquent, par un conseiller en gestion de patrimoine (CGP). Cette double approche juridique et patrimoniale permet d’anticiper les conséquences financières des mesures provisoires et d’optimiser la situation de la personne concernée tout au long de la procédure.
N’oubliez pas : l’ordonnance de non-conciliation fixe le cadre de vie pour plusieurs mois, voire plusieurs années. Mieux vaut consacrer du temps et des moyens à sa préparation que de subir des mesures défavorables pendant toute la durée du divorce.
L’équipe de aide-divorce.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), vous accompagne dans la préparation de votre audience de conciliation. Bilan patrimonial, simulation financière, mise en relation avec des avocats spécialisés : nous vous aidons à défendre vos intérêts et à prendre les bonnes décisions.
Témoignages
— Sabrina, 36 ans, divorcée après 11 ans de mariageFranchement j’ai eu la chance de tomber sur aide-divorce.fr avant mon audience de conciliation. Mon avocat m’avait dit que c’était pas grave si on préparait ça la veille… Sauf que j’avais rien préparé du tout ! Le site m’a aidé à lister tous les justificatifs à apporter, les questions à poser, les pièges à éviter. Du coup j’ai changé d’avocat 3 semaines avant l’audience et là on a vraiment tout préparé sérieusement. Résultat : j’ai eu la jouissance du logement et une pension correcte. Si j’avais pas lu cette page je serais allée à l’audience sans rien préparer et j’aurais tout perdu
— David, 42 ans, divorcé, 2 enfantsBon moi j’ai fait l’erreur de pas consulter de CGP avant l’audience de conciliation. Mon ex voulait garder l’appart et moi j’étais d’accord pour partir. Le problème c’est que j’ai continué à payer ma part du crédit pendant 2 ans alors qu’elle avait la jouissance gratuite. Résultat au moment du partage j’ai perdu énormément d’argent. Si j’avais anticipé ça avec un conseiller en patrimoine j’aurais négocié autrement. Heureusement que aide-divorce.fr explique bien les impacts financiers des mesures provisoires, ça m’a ouvert les yeux même si c’était trop tard pour moi
— Nathalie, 39 ans, maman de 3 enfantsHonnêtement l’audience de conciliation c’est un cauchemar si on est pas préparé. Mon ex voulait la garde alternée alors qu’il avait jamais vraiment assumé les enfants avant. J’avais peur que le juge accepte. Heureusement que j’avais bien préparé avec mon avocat : on a apporté les attestations des enseignants, les justificatifs de frais scolaires que je payais seule, tout. Le juge m’a donné la résidence principale des enfants et il a fixé une pension correcte. Mais si j’avais pas préparé tout ça j’aurais peut-être pas eu cette décision